Les mariages albanais traditionnels ne sont plus ma hantise ! 21 août, 2008
Vous vous souvenez de la musique traditionnelle qui assaillait mes oreilles les veilles, avant-veilles et jours de mariage ? Eh bien la solution pour assouvir ma curiosité a été l’invitation de mon propriétaire au mariage de son fils avec une jeune fille de Podujevo (Nord-Est du Kosovo). Et quel choc culturel ! Tous mes repères étaient chamboulés ! Toutefois le mariage s’est révélé plus qu’enrichissant, une véritable occasion de comprendre un peu plus les mœurs des Kosovars albanais.
Il convient de préciser qu’il ne s’agit que d’un exemple de mariage dans une famille traditionnelle, ce qui n’est pas révélateur des mœurs de la majorité.
Elise et moi, sommes arrivés tel un jeune couple français moyen, avec un bouquet de fleur, accueillis comme il se doit par un groupe de femmes, assisses dans le coin d’une pièce. L’une d’elle a intégré Elise au groupe et m’a fait signe de monter. En haut, ce sont les hommes qui parlent, fument, jouent de la guitare traditionnelle appelée « çiftelija » et boivent non alcoolisé. Parfois un groupe se lève, monte sur le toit et procède à des « happy shooting » au pistolet, preuve que le Kosovo est toujours malheureusement riche en armes diverses et variées. Les femmes de leur côté dansent, chantent, passent de la musique.
Après un léger repas un cortège se forme, drapeau du Kosovo et Albanais en tête, limousine louée pour l’occasion, femmes apprêtées, maquillées, coiffées direction Podujevo pour aller chercher la mariée dans sa famille.
Encore une fois, alors que les hommes se regroupent avec les hommes de la famille de la mariée dans une pièce pour parler (parfois en serbe pour les plus vieux), fumer et boire non alcoolisée, les femmes, elles, vérifient dans la maison des parents de la mariée si celle-ci est prête à être emmenée « vers son destin », le tout en chanson et en danse.

Podujevo, entrée dans la « salle » des hommes, la mariée prête à partir
La mariée, nous est apparue dans une robe d’un blanc immaculé, voilée jusqu’à ne laisser apparaître que le visage. La mariée en quittant ses frères et ses parents ne doit pas sourire, elle est littéralement « triste » de partir, elle ne marche d’ailleurs pas elle-même, elle est soutenue dans ses pas « à l’aveuglette » par son beau-père, ses frères, son père vers la voiture. Une fois la mariée dans la voiture, mon propriétaire n’a pas pu s’empêcher de vider son chargeur dans un buisson, sans doute de « joie » !
La tradition pour les hommes d’être discrètement armés lors des mariages remonterait à la rencontre de deux cortèges à charrette jadis sur une route dont aucun ne voulait laisser passer l’autre. S’en est suivi une tuerie entre les deux, depuis les hommes sont armés pour protéger le cortège et ainsi montrer leur supériorité. Tout çà est très violent mais cela fait partie du folklore des Balkans. Je pense au folklore de la Vendée où nous n’avons que des histoires d’ivrognes, à chacun son folklore !
Puis, de nouveau, cortège jusqu’à Pristina, par une autre route qu’à l’aller par superstition, où seule la famille de la mariée fera la fête après un rituel à l’entrée de la nouvelle maison où la mariée va rendre hommage à la doyenne des femmes de la maison. Ensuite les danses et chants traditionnels s’enchaînent jusqu’à tard dans la nuit.

Pristina, accueil de la mariée.
La tradition était omniprésente et respectée, donnant toute sa signification au mariage. Dans le vie de la majorité des jeunes femmes d’ici, il s’agit d’une étape essentielle, qu’elles attendent après leur étude ou comme progression dans leur vie. Le mariage signifie indubitablement enfant dans l’année qui suit. Par contre, bien que la famille de la mariée semble très pratiquante religieusement, il n’y a eu aucune cérémonie religieuse, ni officielle d’ailleurs. Les mariés iront signer un papier en « mairie » pour confirmer leur mariage sans plus dans la semaine.
Une question subsiste, que je n’ai pas osé poser : le mariage était-il arrangé ?








La cathédrale serbe orthodoxe, considérée comme la « verrue » de la ville
Vue de Pristina depuis mon appart sur la colline des ambassades – Dragodan. 











