Damien O KoSoVo

Kosovo : élu destination la plus glamour de l’été 2008 !

 

Les mariages albanais traditionnels ne sont plus ma hantise ! 21 août, 2008

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 10:42

Vous vous souvenez de la musique traditionnelle qui assaillait mes oreilles les veilles, avant-veilles et jours de mariage ? Eh bien la solution pour assouvir ma curiosité a été l’invitation de mon propriétaire au mariage de son fils avec une jeune fille de Podujevo (Nord-Est du Kosovo). Et quel choc culturel ! Tous mes repères étaient chamboulés ! Toutefois le mariage s’est révélé plus qu’enrichissant, une véritable occasion de comprendre un peu plus les mœurs des Kosovars albanais.

Il convient de préciser qu’il ne s’agit que d’un exemple de mariage dans une famille traditionnelle, ce qui n’est pas révélateur des mœurs de la majorité.

Elise et moi, sommes arrivés tel un jeune couple français moyen, avec un bouquet de fleur, accueillis comme il se doit par un groupe de femmes, assisses dans le coin d’une pièce. L’une d’elle a intégré Elise au groupe et m’a fait signe de monter. En haut, ce sont les hommes qui parlent, fument, jouent de la guitare traditionnelle appelée « çiftelija » et boivent non alcoolisé. Parfois un groupe se lève, monte sur le toit et procède à des « happy shooting » au pistolet, preuve que le Kosovo est toujours malheureusement riche en armes diverses et variées. Les femmes de leur côté dansent, chantent, passent de la musique.

Après un léger repas un cortège se forme, drapeau du Kosovo et Albanais en tête, limousine louée pour l’occasion, femmes apprêtées, maquillées, coiffées direction Podujevo pour aller chercher la mariée dans sa famille.

Encore une fois, alors que les hommes se regroupent avec les hommes de la famille de la mariée dans une pièce pour parler (parfois en serbe pour les plus vieux), fumer et boire non alcoolisée, les femmes, elles, vérifient dans la maison des parents de la mariée si celle-ci est prête à être emmenée « vers son destin », le tout en chanson et en danse.

pict0038.jpg pict0040.jpgpict0043.jpg Podujevo, entrée dans la « salle » des hommes, la mariée prête à partir

La mariée, nous est apparue dans une robe d’un blanc immaculé, voilée jusqu’à ne laisser apparaître que le visage. La mariée en quittant ses frères et ses parents ne doit pas sourire, elle est littéralement « triste » de partir, elle ne marche d’ailleurs pas elle-même, elle est soutenue dans ses pas « à l’aveuglette » par son beau-père, ses frères, son père vers la voiture. Une fois la mariée dans la voiture, mon propriétaire n’a pas pu s’empêcher de vider son chargeur dans un buisson, sans doute de « joie » !

La tradition pour les hommes d’être discrètement armés lors des mariages remonterait à la rencontre de deux cortèges à charrette jadis sur une route dont aucun ne voulait laisser passer l’autre. S’en est suivi une tuerie entre les deux, depuis les hommes sont armés pour protéger le cortège et ainsi montrer leur supériorité. Tout çà est très violent mais cela fait partie du folklore des Balkans. Je pense au folklore de la Vendée où nous n’avons que des histoires d’ivrognes, à chacun son folklore !

Puis, de nouveau, cortège jusqu’à Pristina, par une autre route qu’à l’aller par superstition, où seule la famille de la mariée fera la fête après un rituel à l’entrée de la nouvelle maison où la mariée va rendre hommage à la doyenne des femmes de la maison. Ensuite les danses et chants traditionnels s’enchaînent jusqu’à tard dans la nuit.

pict0074.jpgpict0057.jpg pict0082.jpg  pict0072.jpg Pristina, accueil de la mariée.

La tradition était omniprésente et respectée, donnant toute sa signification au mariage. Dans le vie de la majorité des jeunes femmes d’ici, il s’agit d’une étape essentielle, qu’elles attendent après leur étude ou comme progression dans leur vie. Le mariage signifie indubitablement enfant dans l’année qui suit. Par contre, bien que la famille de la mariée semble très pratiquante religieusement, il n’y a eu aucune cérémonie religieuse, ni officielle d’ailleurs. Les mariés iront signer un papier en « mairie » pour confirmer leur mariage sans plus dans la semaine.

Une question subsiste, que je n’ai pas osé poser : le mariage était-il arrangé ?

 

 

Albanie – Macédoine 6 août, 2008

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 16:29

Le problème du Kosovo est qu’on arrive très vite aux frontières. Je me suis donc rendu en ce mois de juillet aussi bien dans les confins de l’état (Vallée de la Rugova, Dragash cf. les albums photos) que dans les états voisins (Albanie et Macédoine) sauf la Serbie, étant donné que les Serbes, à la frontière me considéreraient comme un clandestin entré à Pristina avec l’aval d’un gouvernement qu’ils ne reconnaissent pas.

Le paradoxe des Balkans, c’est que malgré le fait que les distances soient raccourcies, les temps de voyage sont multipliés au bon vouloir de l’état des routes et des chauffeurs de bus. Pour faire l’équivalent d’un Nantes-Bordeaux  (4h), c e qui correspond à la distance Pristina-Tirana, il faut une nuit de bus. Il est également impossible de généraliser sur le comportement des peuples tellement chaque entité possède ses coutumes et son nationalisme propre.

 

Petit tour d’horizon pour ceux qui ne se satisfont pas que des albums photos.

-          Ohrid - Eglise Sveti Jovan de Kaneo   La Macédoine :

Pays instable, composé de peuples aux identités très affirmées qui se sont quelque peu tirés dessus en 2001, la Macédoine est une « grosse marmite balkanique », qui peut être explosive aussi pour la région. Les Albanais vivant à l’Ouest ne partagent pas forcément la même vision que les Macédoniens (Slaves) sur l’avenir du pays et sur la manière de le diriger. A l’image de Skopje, ils ne vivent pas vraiment dans les mêmes quartiers.

Au Nord de Skopje, domine les Macédoniens avec des bâtiments à l’architecture communiste, des grandes allées, des voies piétonnes, et même pour nous qui venions du Kosovo des choses impensables comme : des gens qui circulent à vélo, un Mac Donald, des centres commerciaux, des autoroutes et même des conducteurs de voiture zélés qui respectent les feux de circulation !! 

Le sud de Skopje correspond à la partie albanaise de la ville avec ses minarets, son marché, ses petits qebabtores (restaurant de viandes grillées). Le quartier est plus ancien mais vraiment mignon pour qui aime les atmosphères orientales.

Ohrid, sud-ouest de la Macédoine est la station balnéaire des anciens Yougoslaves. Il s’agit d’une très ancienne citadelle perchée sur une colline, au bord du lac d’Ohrid remplie d’églises orthodoxes, de vestiges antiques, de petites rues dégorgeant de restaurant et de boîtes de nuit.

-       Musée d'histoire de l'Albanie    L’Albanie :

Pour moi, il s’agit d’un grand chantier inachevé à ciel ouvert. L’adjectif qui me vient quand je veux parler de ce pays c’est « déglingué ». Les routes sont dans un état lamentable, les maisons à peine commencées sont déjà habitées.

La station balnéaire de Durrës me paraissait sale. C’est un mélange de constructions bordéliques et de façades staliniennes à la gloire des résistants albanais au fascisme italien des années 40. Par contre Tirana, la ville, pas la banlieue (bidonville par endroit et quartier délabré), m’a totalement attirée. Il s’agit d’une ville verte, où les gens prennent le temps de boire un verre, de jouer au domino dans les parcs sous le soleil. La ville est certes là encore un mélange improbable d’avenues staliniennes, de quartiers ottomans et de bâtiments de style napolitain, mais vraiment agréable à vivre. En plus, on y respire l’atmosphère des zones méditerranéennes, c’est-à-dire les rues désertes en après-midi mais remplies à la tombée de la nuit, les veuves portant des vêtements noirs et des mantilles blanches, les oliviers, les cigales etc.

Toutefois, l’Albanie est un pays mystérieux, fermé pendant plus de 40 ans à toute influence extérieure, victime d’une dictature stalinienne des plus implacables au monde mais aussi de la paranoïa de l’ubuesque dictateur Enver Hoxha (dont les témoins sont sans doute les 700 000 bunkers qu’il a fait construire pour se protéger d’une invasion obligeant même l’ingénieur en charge de la construction de demeurer dans un bunker le temps qu’un char tire dessus pour tester la solidité : mission réussie visiblement !). Le pays s’ouvre à l’extérieur petit à petit depuis peu et entame un développement économique sans réel planification. D’où cette impression de « bordel ». Un des endroits au monde où le touriste habitué au confort et à la facilité n’a pas vraiment sa place en tout cas.

 

 

Gjilane : le « Vrai Kosovo ».

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 10:18

17fevrier2008independancedukosovo29.jpg Alors que les travailleurs internationaux de Pristina fuient la chaleur et la poussière ambiantes en s’éclipsant vers des destinations exotiques comme la Grèce ou le Monténégro, une bande de jeunes stagiaires et Volontaires internationaux résistent encore et toujours à l’envahisseur en passant deux de leur week-ends de juillet à Gjilane, la belle.

Gjilane c’est une charmante ville de 70 000 habitants à l’est du Kosovo, qui selon le guide de voyage Bradt sur le Kosovo n’a rien de passionnant ! Mais nous, dans notre soif de rencontre, de choc culturel et de « Vrai Kosovo », nous  avons accepté l’invitation de français travaillant dans des ONG locales à venir confronter nos réflexes d’Occidentaux b lassés avec le « Vrai Kosovo ».

Qu’est ce donc que le « Vrai Kosovo » ? C’est un endroit où il n’y a que 4 internationaux à 10 km à la ronde, c’est celui où le marché regorge de fruits et légumes et de marchandises improbables, c’est celui où les terrasses ne sont occupées QUE par des hommes qui, sans emploi, passent leur journée à fumer, parler, manger et boire. Le « Vrai Kosovo » c’est aussi celui où on entend seulement la musique traditionnelle dans les rues lors des multiples mariages  qui ont lieu tous les étés. Enfin le « Vrai Kosovo » c’est celui que nous avons pu voir en traversant le village de Prilepnica un dimanche après-midi avant de plonger dans un lac dont la qualité de l’eau n’a rien à envier à une piscine javellisée.                                                                              

batlavajuillet10.jpg Le « Vrai Kosovo », c’est celui de cette soirée Talava de samedi soir. Niveau soirée à Gjilane, tout se situe à l’angle des 4 bars qui ont pignon sur rue et où se concentrent quelques 500 jeunes de la ville tous plus apprêtés les uns que les autres. La soirée commence à 9h et se termine à minuit. Les filles sont toutes en talons, en mini-short, lunettes de soleil et cheveux à la « Beyoncé ». Les garçons optent pour la chemise méditerranéenne, pour les cheveux gominés et le look matcho. Mais il ne faut pas s’y tromper, et c’est là tout l’intérêt de la nature des relations entre garçon et fille au Kosovo, tout ceci n’est que de l’apparence.

Se faire beau pour sortir dans un bar ne date au Kosovo que depuis l’après-guerre, soit moins de 10 ans. Les jeunes sont inondés d’influence américaine. Mais ici pas de révolution sexuelle pour la masse, pas de flirt direct, juste des regards, des hésitations, de la frustration parfois. Les filles restent entre elles ou avec leur frère ou leur petit copain avalisé par la famille. Les jeunes dansent très bien les danses traditionnelles mais sont un peu plus maladroits et hésitants quand il s’agit de se lâcher sur du RnB. Personne n’est totalement saoul, on garde une certaine contenance, on ne perd pas la face. La soirée Talava était donc remplie de centaines de jeunes en plein air, beaux et belles comme des Dieux qui n’ont pas arrêté de danser essayant de montrer aux étrangers que nous sommes comment positionner ses pieds pour danser (un grand moment !). Pourtant le charme balkanique opère, la plupart des habitants de Gjilane sont avenants, directs, bavards. Quand fatigué de marcher, je m’arrête sur le seuil d’une boutique, le vendeur vient, me parle avec ses mots d’anglais et d’allemand et moi d’albanais et c’est toujours un plaisir.

 

 

Les mariages traditionnels albanais sont ma hantise.

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 10:15

Le mois d’août au Kosovo est connu pour être le mois où les vendeurs de robes de mariée et de costumes à paillettes engrangent des bénéfices records. Août, c’est le mois où les Kosovars de la diaspora, travaillant en Suisse et en Allemagne principalement reviennent au pays pour passer la bague au doigt d’une jeune demoiselle qui fera, dès le lendemain, sa demande de visa occupant ainsi nos charmants fonctionnaires de l’ambassade même en plein mois d’août.

Alors depuis maintenant deux jours, nous sommes réveillés par de la musique traditionnelle qui s’entend dans tout le quartier et ce dès 8h le matin. Nous prions ardemment pour qu’une coupure d’électricité survienne et calme la fougue des jeunes mariés et de leurs invités.

Un mariage albanais çà dure trois jours, où les filles portent des robes rouges-vif, parfois les hommes portent des costumes traditionnels illyriens. Tout d’abord, la jeune mariée est récupérée par un cortège de voitures (le plus beau 4×4, parfois une limouzine louée pour l’occasion). Dans ce cortège à moteur, les jeunes filles de la famille agitent des mouchoirs par le toit ouvrant, coiffées et peignées au millimètre près. Ce même cortège s’enrichit de musiciens, de drapeaux du Kosovo, d’Albanie parfois des Etats-Unis. Puis il traverse la ville pour montrer à l’endroit le nouveau couple. A Gjilane, ce fut mon occupation que de compter le nombre de cortèges qui passaient en une journée. Enfn après cette parade, le mariage se poursuit dans une salle, où tout le monde danse et mange sans vraiment s’arrêter et ce sur 3 jours. Les femmes généralement dansent ensemble et les hommes de même dans des danses différentes. Et si on a de la chance, généralement il peut y avoir des pétards et des tirs au pistolet en l’air. On m’a avoué qu’un mariage albanais était quelque chose de sportif, qui fait mal au bras à force de danser.

Le mariage religieux n’existe quasiment pas ici, il y a parfois une bénédiction chez les musulmans mais c’est rare, il est avant tout une affaire de tradition et de famille. D’ailleurs c’est aussi le lieu où s’arrangent les futurs mariages pour l’été prochain. J’ai vraiment essayé de m’incruster à l’un d’entre eux mais il paraît que tout se joue par contact, par liens familiaux.

Mais je crois que le mieux pour vraiment apprécier cette musique rébarbative et « crissante » qui agrémente ces cérémonies, c’est sans doute de vous envoyer la vidéo d’un des chanteurs phare de la diaspora kosovare : Sabri dans une de ces apparitions télévisées. Tout le charme albanais en un clip ! Et ainsi vous comprendrez vraiment ma douleur quand des heures de musique de la sorte vous inonde les oreilles.

http://www.dailymotion.com/videok6gLLjDN6TsQ687oIt

 

 

Festa e Muzikës në Pristhinë (21 qershor 2008) 23 juin, 2008

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 21:42

Comment réussir une fête de la musique, malgré l’absence de ces beatcheux prêts à braver la pluie de Nantes (remember 2007) ? C’est simple, tenter de s’accrocher aux quelques « bons » évènements organisés notamment par l’ambassade de France et la ville de Pristina. Et ma foi çà marche !

Une fanfare militaire, une scène rock imgp0197.jpg où de jeunes adolescents se lâchent (ce qui est plutôt rare), des serveurs sur le pied de guerre pour veiller à ce que tous les gosiers soient remplis de bière « Peja » (made in Kosovo), un DJ imgp0213.jpg qui attire tout ce que la ville compte de clubbers à deux pas de la statue du héros national Skenderberg et du bureau du Premier ministre, une équipe de l’ECF (Espace culturel Français) au meilleur de sa formeimgp0212.jpg , des jeunes électro-dépendants en pleine effervescence…. Enfin jusqu’à 2 heures parce qu’après l’artère principale de Pristina (le boulevard Nenë tëresa) était désespéremment vide. imgp0223.jpg

Eh oui, messieurs, dames, la fête de la musique a été bel et bien implantée sur le sol kosovar grâce aux efforts de la diplomatie française !

 

 

Juste pour se faire peur : voilà ce qu’il se passe dans mon quartier. 9 juin, 2008

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 13:48

Je voulais faire partager un peu la vie de mon quartier, voilà un article qui relate l’attaque à mains armées contre le domicile du Premier ministre Hashim Thaçi, deux rues en bas de chez moi. Les motifs de cette agression ne sont pas encore clairs pour l’instant. Vol, violence politique, intimidation, lutte de pouvoirs… Lors de mes visites d’appartement j’avais notamment eu l’occasion de pénétrer une jolie maison verte juste à côté de la maison du Premier ministre. Sans vouloir tomber dans la paranoïa, voici l’article tiré du Courrier des Balkans sur ce qui s’est passé.

L’article AFP du monde s’est non seulement trompé dans le nom du quartier mais ne sait pas en plus que l’heure locale est la même que Paris : dans l’article il précisait qu’il y avait une heure de décalage. Qui a dit que nous étions clairement informé en France ?

BIRN ( Balkans Investigative Reporting network)  Kosovo : des hommes armés attaquent la résidence du Premier ministre Traduit par Stéphane Surprenant 

Publié dans la presse : 7 juin 2008

Samedi 7 juin, des hommes armés qui tentaient de s’introduire par effraction dans le domicile du Premier ministre à Priština ont échangé des coups de feu avec des gardes de sécurité. Hashim Thaçi n’était pas dans le bâtiment au moment de l’incident.  La police affirme que les gardiens ont aperçu un homme sur le balcon de la maison de Hashim Thaçi, en banlieue de Priština, puis ont échangé des tirs. La femme du Premier ministre et son fils se trouvaient cependant dans la résidence. Ils n’ont pas été blessés. 

Le nombre d’individus impliqués dans l’incident demeure incertain. Le gouvernement a déclaré avoir renforcé la sécurité autour des membres du cabinet des ministres, après ce qu’il a qualifié « d’attaque » contre Hashim Thaçi.  Le vice-Premier ministre Hajredin Kuçi a condamné les événements en disant qu’il s’agissait d’une « menace directe à l’endroit du Premier ministre et de sa famille ». 

« Le fait que quelqu’un a tenté de blesser le Premier ministre et sa famille pour quelque raison que ce soit n’est pas seulement criminel, cela dépasse largement la haine ou l’impatience politique », a déclaré Hajredin Kuçi devant les journalistes, dans la capitale Priština.  Selon la police, les assaillants se seraient enfuis, mais des traces de sang ont été retrouvées, ce qui laisse croire aux autorités que l’un d’entre eux a été blessé. 

Hajredin Kuçi a refusé de faire tout commentaire au sujet de l’identité des responsables de cette attaque. Il a appelé les autorités à mener une enquête rapide.  « Nous refusons de croire que cela soit motivé par la haine politique », a ajouté le vice-Premier ministre. « Nous faisons confiance aux autorités et elles auront leur mot à dire. » 

Un climat politique tendu  Les relations entre les divers partis politiques albanais du Kosovo ont déjà été marquées par des tensions et de fortes rivalités. Hashim Thaçi dirige aussi un fragile gouvernement de coalition, qui inclut le parti de l’ancien Président Ibrahim Rugova, son ancien rival. 

Le Premier ministre est également en mauvais termes avec l’ancien commandant rebelle Ramush Haradinaj, récemment acquitté par le Tribunal des Nations unies des accusations de crimes de guerre qui pesaient contre lui. Il est retourné au Kosovo pour diriger son parti, dans l’opposition.  L’Alliance pour l’avenir du Kosovo de Ramush Haradinaj a condamné l’attaque et pressé les autorités de démasquer les coupables. 

« De tels actes criminels nuisent à l’image positive de l’État du Kosovo », peut-on lire dans le communiqué émis par son parti.  Hashim Thaçi, ancien chef politique de la rébellion albanaise du Kosovo, l’Armée de libération du Kosovo (UÇK), est vu comme un personnage marquant de la lutte pour l’indépendance du Kosovo de la Serbie. Le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie le 17 février 2008, malgré la farouche opposition de Belgrade et de la Russie. L’indépendance a été néanmoins reconnue par plus de 40 pays, dont les États-Unis et les membres les plus importants de l’Union européenne.

 

 

Gracanica : 13 000 serbes à 10 minutes de Pristina. 7 juin, 2008

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 18:33

La ville s’est largement développée depuis 1999 devenant une enclave refuge pour les Serbes déplacés de Pristina ou d’ailleurs. La plupart des Serbes aujourd’hui se sont déplacés vers la Serbie mais ceux qui ont encore un travail ici ou oeuvrant pour les organismes internationaux de Pristina préfèrent vivre ici plutôt que dans l’ « Albanaise » capitale.

L’enclave, contrairement à ce que je pensais, ne correspond pas à une zone protégée, surveillée militairement par la KFOR. Il s’agit d’une zone sans contrôle à l’entrée où se concentrent des Serbes qui pour la plupart refuse les institutions issues de l’indépendance du Kosovo et continuent de se tourner vers Belgrade pour obtenir des financements (hôpitaux, écoles et universités serbes…). Les panneaux sont donc écrits en cyrillique, les gens parlent exclusivement serbe.

L’enclave est célèbre pour son monastère, lui gardé par les soldats suédois de la KFOR, qui est un exemple de l’art orthodoxe serbe du 14ème siècle. L’église a été construite sous le règne du roi serbe Milutin, la Serbie allait alors jusqu’en Macédoine actuelle. Ce roi est supposé avoir bâti autant de monastères que d’années dans son règne (42 de 1284 à 1321). L’Eglise est donc gardée par une religieuse orthodoxe toute de noir vêtue qui propose des bougies achetables en monnaie serbe. L’intérieur est composé d’icônes que les fidèles bisent et de fresques byzantines sur tous les murs du plancher au plafond retraçant la vie du roi, des épisodes de la bible et des représentations du Christ et des saints. Les coupoles même sont couvertes de représentation du Christ. ( Je n’ai aucune photo c’était vraiment trop sombre).

Après nous nous sommes baladés dans la ville où il n’y a, il faut le dire rien à faire ni à voir. Même si une forte communauté continue de vivre en vase clos (même les réseaux de téléphone sont serbes dans cette ville), il est parfois difficile d’imaginer l’avenir pour les plus jeunes qui sont la plupart du temps forcés à partir pour la Serbie.

 

 

Comment décrire Pristina ?

Classé dans : Non classé — damienokosovo @ 14:38

Le quidam français qui débarque ne sera pas surpris outre-mesure par la ville en général, ni par l’allure des gens dans la rue. Pristina ce n’est pas Lagos ou Lhassa. Il est, de toute façon, assez difficile de trouver un seul adjectif pour qualifier la ville de Pristina. Il y en a des tonnes : polluée, briquetée, animée, ensoleillée, hétéroclite, ottomane, albanaise, internationale, pauvre, détruite, moche, agréable. En fait, Pristina peut être vue de différentes manières : elle regroupe plusieurs ambiances, plusieurs groupes de gens qui se côtoient dans la cité aux allures socialisto-ottomanes. Tentative de description.

Pour les Kosovars albanais, Pristina c’est avant tout une capitale, une ville universitaire, fief de l’intelligentsia albanaise au sein de la Yougoslavie de Tito et plus largement pour tout le « monde » albanais. J’ai pu rencontrer des étudiants venant des minorités albanaises de Serbie, de Macédoine et du Monténégro. Les Serbes ont essayé de marquer cette ville mais cela s’est soldé par des échecs (comme le prouve la tentative de construction d’une église orthodoxe en 1995 sous le régime de Milosevic juste à côté de l’Université publique que les Albanais n’ont même pas réussi à dynamiter tellement c’est un monstre de béton : Aujourd’hui la cathédrale orthodoxe est semblable à une verrue pour les habitants) Pour les Kosovars, Pristina, c’est aussi la « grande ville » moderne avec ses magasins, ses plus petites boutiques, ses bars, ses échoppes et bien sûr le siège des institutions du nouvel état (Assemblée du Kosovo, KPS (Kosovo Police Service), résidence du Président et du Premier ministre).

Mais la réalité quotidienne à Pristina n’a pas le même sens pour les Kosovars :

-         Pour la jeunesse dorée inséparable de leurs décapotables rutilantes modernes, tout droit descendues des villas des quartiers chics de la ville, dont la mode est avant tout « fashionable » à l’américaine, la vie quotidienne se concentre autour des bars lounge de Pejton, des American sponsored Universities, du centre commercial, du stade de foot : pour eux Pristina c’est le symbole de la modernité, de l’Occident, des standards américains qu’ils veulent atteindre.

-         Pour d’autres habitants plus modestes, c’est un lieu de travail, surtout quand on vient des villages alentours, Pristina regorge de petits vendeurs qui essaient de tirer de l’argent aux internationaux ( vendeurs de cigarettes, de portables volés, de livres), des  conducteurs de taxi, des ouvriers dans le bâtiment car la ville est couverte d’immeubles en construction et de maisons habitées mais à peine achevées.

  

Pristina, pour le quidam européen, c’est une ville d’Orient. Il y a des signes physiques qui ne trompent pas : les minarets, l’appel à la prière des mezzuins 5 fois par jour, les vieilles femmes voilées (pratique que les plus jeunes ont oublié). Et puis, il y a des comportements dignes de l’Orient : la langueur sous la chaleur, les terrasses que fréquentent majoritairement les hommes attablés autour de cafés turcs devant eux dès 7h du matin, les clips arabisés voir « turquisés » à la télé, la douceur de vivre teinté de lenteur, d’absence de stress, de calme et de fumée. Et cela l’histoire nous le rappelle : les Ottomans sont restés au Kosovo de 1389 (Bataille de Kosovo Polje) à 1878 (Conférence de Berlin).

  

Pristina c’est aussi la ville des internationaux au Kosovo, ceux qui dirigent effectivement le pays depuis 1999. Les rues de Pristina sont remplies de 4×4 marqués UNMIK, OSCE, ou CD (Corps Diplomatique). C’est le centre névralgique de l’administration internationale, et ce sont ces gens qui entretiennent l’activité économique de la ville : le Kosovo vit sous perfusion internationale.

Enfin, pour le quidam européen, Pristina, c’est la capitale d’une des régions les plus pauvres d’Europe bien que les fiers habitants de Pristina fassent tout pour ne pas montrer cette pauvreté en vivant résolument comme des Occidentaux. Le taux de chômage au Kosovo est de 60 % de la population active. La ville regorge de jeunes, l’âge moyen étant de 23 ans, mais cette jeunesse n’a pas de travail et peu d’espoir d’en avoir un à moins d’émigrer à l’image des jeunes diplômés de l’université qui n’ont pas d’avenir ici. La ville est sale, poussiéreuse dans la plupart des quartiers : les routes sont mal-entretenues et pleines de trous, les poubelles à l’air libre attirent les chats et les chiens errants, il n’y a pas d’espace vert, les trottoirs ne sont pas bitumés, la circulation routière est inexistante, on voit souvent des vieux tracteurs dans les rues, et par-dessus tout : les coupures d’électricité et d’eau sont quotidiennes.

Et pourtant, pour l’occidental aseptisé de modernité, de confort, de propreté et d’ordre, cette ville a tout pour plaire. Elle offre déjà un cadre de vie qui charme quand on prend le temps de « gratter » la façade poussiéreuse et anarchique qu’offre Pristina au premier coup d’œil. Je n’ai pas encore vu un Kosovar me refuser son aide dans la rue même lorsque celui-ci ne parle pas un mot d’anglais, ni moi un d’albanais. Et c’est justement parce qu’elle regroupe dans un même espace toutes ces différentes ambiances que Pristina va me charmer, j’en suis sûr.

Quelques vues de Pristina :

imgp0011.jpg La cathédrale serbe orthodoxe, considérée comme la « verrue » de la ville

imgp0015.jpg Vue de Pristina depuis mon appart sur la colline des ambassades – Dragodan.

imgp0010.jpg Vue du centre ville : l’ancien cohabite avec le moderne ( Bureau du Premier Ministre)

imgp0009.jpg Campagne de pub en centre ville, pour l’Union Européenne, tout le monde ici est convaincu des bienfaits de l’UE.

imgp0007.jpg Vue du bazaar en cours de réhabilitation.